Par Laurel Coatsworth

Le choix : les spécialistes du marketing le placent au centre des préoccupations, les politiciens l’utilisent pour susciter des émotions, les parents en réclament toujours plus.

Le choix, on le célèbre et il est présent dans toutes les sphères de la vie. Toutes, sauf une – la plus importante : l’éducation. Au Canada, peu d’options existent dans ce domaine, mais plus que jamais, les parents explorent de nouvelles possibilités pour leurs enfants. Ainsi, entre 2006 et 2012, le nombre d’enfants faisant l’école-maison a incroyablement augmenté de 29 % au Canada (Van Pelt).

Pour Alicia, l’objectif de faire l’école-maison a toujours été d’offrir à ses enfants plus que ce qu’elle-même a reçu en tant qu’élève. Même si elle était une élève douée, elle avoue avoir peu de souvenirs de ce qui lui a été enseigné en classe. Et qui pourrait le lui reprocher, alors que le par cœur remplaçait l’acquisition de concepts? Ayant apprécié l’expérience de l’école-maison qu’elle fit pendant quelques années, elle décida de l’utiliser avec ses propres enfants.

Les enfants d’Alicia n’apprennent pas seulement l’histoire canadienne, mais la façon dont ils s’inscrivent dans un tissu narratif beaucoup plus vaste. Les connaissances de ses enfants s’étendent de l’Antiquité juive jusqu’à la Réforme en passant par les récits grecs et romains. De cette façon, Alicia espère leur inculquer une compréhension plus riche de la culture.

La famille a même commencé à utiliser Google Classroom pour l’aider à mieux classer les travaux d’étude tout en minimisant le nombre de feuilles de papier. Cette année, le père des enfants a numérisé la totalité du programme scolaire sur son ordinateur et les enfants utilisent des stylets afin de compléter leurs réponses.

Pour Alicia et son mari, l’accent est mis sur la préparation de l’enfant à la vie qui l’attend. Si un enfant sait comment accéder à l’information qui lui est utile, les besoins de mémorisation sont moindres. L’enfant peut ainsi apprécier le processus d’apprentissage et enregistrer davantage de connaissances. Selon Alicia, « vous êtes d’abord un facilitateur de l’apprentissage plutôt que l’unique source de leur apprentissage. Vous leur montrez comment apprendre plutôt que de leur montrer ce qu’ils ont besoin de savoir. » (Goettl)

La famille a trouvé l’environnement de l’école-maison libérateur. Parce que les devoirs peuvent voyager avec eux, la famille a pris des vacances pendant que la plupart des autres enfants étaient à l’école. Les vendredis, ils participent à un groupe coopératif d’école-maison animé par les parents. Cela donne aux enfants la possibilité d’explorer des sujets comme la couture ou la musique. C’est aussi un excellent endroit pour rencontrer d’autres jeunes. Une telle flexibilité constitue un autre atout pour les parents qui envisagent de passer à l’école-maison.

Plus tard, l’apprentissage devient concret lorsque le père montre à certains des enfants le fonctionnement du moteur d’une voiture ou encore quelques bases de menuiserie. De précieuses compétences sont enseignées mais quelque chose de plus profond encore se met également en place : le développement de la personne. Ceci demande à la fois du temps et de l’expérience. Alicia ajoute que pour elle, il ne s’agit pas tant des résultats obtenus par les enfants en mathématiques que du genre de personnes qu’ils vont devenir. Et c’est ce à quoi elle travaille toute la journée, car c’est aussi beaucoup plus important que n’importe quel enseignement, dit-elle. Ce type d’approche holistique de l’éducation ne se retrouve pas toujours dans une classe traditionnelle, car il requiert une attention constante et individuelle que les établissements ne peuvent se permettre.

Pour Alicia Goettl et sa famille, les avantages de l’école-maison sont clairs. Bien que de s’occuper et instruire six enfants de moins de douze ans ne soit pas une tâche facile, Alicia sent que c’est sa vocation. Elle ajoute qu’il y a toujours des défis à relever mais que ça en vaut la peine.

Sources:

Van Pelt, Deani Neven, 2015. Home Schooling in Canada: The Current Picture – 2015 Edition. (Barbara Mitchell Centre for Improvement in Education) Repéré à https://www.fraserinstitute.org/sites/default/files/home-schooling-in-canada-2015-rev2.pdf.

Goettl, Alicia, 6 Septembre 2018 (Interview personnelle)

* Pour utiliser Google Classroom, tapez Google Classroom ou rendez-vous sur https://classroom.google.com

Vous serez alors dirigé vers la page vous permettant de vous connecter à votre compte. Si vous ne disposez pas d’un compte Gmail, il vous faudra en créer un afin de vous connecter.

Une fenêtre apparaîtra alors et les personnes faisant l’école-maison auront simplement à cocher l’option « j’ai lu et compris les informations ci-dessus, et je confirme que je n’utilise pas Classroom au sein d’un établissement scolaire accueillant des élèves » puis à cliquer sur « continuer » pour accéder à la salle de classe.

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